Delphine MARTINEZ feutrière et teinturière en Provence verte
Delphine MARTINEZ
Le Mouton à Roulettes
Feutrière Teinturière
Autour des fibres animales
et végétales locales
Inspirée par la nature qui l’entoure, Delphine feutre patiemment et avec passion, les fibres de laine précieuses ou plus rustiques locales, que ce soit des moutons de Provence et des Alpes-Maritimes, où elle vit et d’où elle vient à l’origine, ou ceux de la Baie de Somme, en Picardie, où elle a vécu plus de 20 ans.
Elle ajoute aux fibres de laine, des fibres de lin de Normandie et bientôt des fibres des cocons de soie issus de son petit élevage de vers domestiques, à Le Val. Ce sera un clin d’œil à l’histoire de son village, qui pratiquait la sériciculture, entre le 19e et le 20e s.
Dans les collines autour de son atelier, elle aime glaner quelques plantes pour ses teintures, faire des croquis et photos d’insectes ou de végétaux, qui vont nourrir son imagination et ses créations feutrées…
Après avoir trié méticuleusement les toisons de moutons récupérées auprès d’éleveurs locaux, après les avoir lavées avec douceur et de manière écologique, puis cardées à la main ou au rouleau, Delphine teint les fibres mordancées, dans ses marmites, avec des plantes locales selon des recettes médiévales. Techniques tinctoriales naturelles, apprises auprès de Michel Garcia, expert national dans ce domaine.
« Je ressens le feutrage humide comme une conversation silencieuse entre l’eau, les fibres et mes mains. Un équilibre fragile entre fibres et gestuelle, qui donne naissance à un matière résistante et précieuse. J’entre alors dans un état de flow total . »
Delphine feutre alors les fibres animales et végétales selon deux techniques :
– En feutrage humide, technique ancestrale (et même préhistorique !) d’entrelacs de fibres mouillées, animales et même végétales, sur lesquelles viennent se poser différents gestes manuels répétés ou successifs, patiemment, selon plusieurs étapes, afin d’obtenir un feutre de qualité.
– Elle feutre aussi en feutrage à sec, dit « à l’aiguille », technique créative et artisanale, beaucoup plus récente et issue du feutrage à l’aiguille industriel du 19e. C’est un feutrage plutôt réservé à des réalisations de petites tailles ou à plat et qui utilise une gestuelle unique, répétitive et différente du feutrage à l’eau..
Delphine hybride parfois les deux techniques en un dialogue entre des savoir-faire très anciens et plus modernes.
Son intention est d’aider également la filière ovine locale afin de promouvoir la laine, fibre noble, patrimoniale mais trop délaissée encore à l’heure actuelle.
Ses savoir-faire s’étoffent lors de plusieurs formations, autour de la valorisation de la laine et des fibres végétales (tri, lavage, cardage, teinture végétale) notamment grâce à l’Association nationale « La Fibre Textile » mais aussi via des formations diplômantes autour du feutrage, du Centre de Formation national « Lainamac », via l’organisme de formation professionnelle « Va savoir » .
